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Mairie de Lugny

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Dix ans de patrimoine...

Il y a dix ans, en 1999, paraissait « Si Lugny m’était conté… en images », premier ouvrage traitant de l’histoire de Lugny publié depuis la fin du XIXe siècle. Il s’agissait là d’un événement fondateur. En effet, depuis, presque chaque année, des actions n’ont cessé d’être proposées – et menées à bien – dans le but de sauvegarder et de valoriser ce que le chef-lieu de canton, petite capitale du Haut-Mâconnais, possède de plus digne d’intérêt en matière de patrimoine. Et pour, du même coup, tenter de sensibiliser les Lugnisois – et les autres – à la nécessité de préserver cet héritage pour mieux le transmettre.

1999. « Si Lugny m’était conté… en images ». Parution d’un premier ouvrage portant sur l’histoire de Lugny.
Offrir au lecteur un aperçu de ce qu’a été Lugny dans les premières décennies du XIXe siècle : tel a été l’objectif des auteurs de cet ouvrage riche de plus de 170 documents – des cartes postales, des photos-cartes ou des photographies datant le plus souvent des années 1900 à 1920 – préfacé par Michel Bouillot. Se voulant être avant tout une œuvre visuelle même si un grand soin a été porté à la réalisation de légendes documentées, ce recueil a été conçu avec le souci de faire revivre une époque disparue en proposant une promenade à travers la commune, balade qui mène le lecteur des environs du village aux rues du bourg puis à celles des hameaux et au cours de laquelle les éléments du patrimoine architectural ou historique rencontrés ne manquent pas d’être mis en valeur. Découvrir la physionomie des rues d’autrefois et tenter d’en saisir l’atmosphère si particulière ; connaître l’état ancien d’un grand nombre de constructions encore existantes parmi lesquelles les bâtiments communaux, toujours abondamment photographiés ; se promener le long de la voie du Tacot ; redécouvrir les vieux métiers aujourd’hui disparus et oubliés ; flâner devant les boutiques au charme désuet de la rue de l’Eglise ou de la place du Pâquier ; suivre la cave coopérative vinicole dans ses premiers pas ou bien encore, tout simplement, aller à la rencontre des Lugnisois d’hier photographiés au gré des activités d’antan ou lors des fêtes qui, naguère, animaient les rues et les places du village : voilà tout bonnement ce qui est proposé au lecteur de cet ouvrage, le recueil sollicitant, au fil de ses pages, les souvenirs de quelques-uns et l’imagination du plus grand nombre.

2002. Pose d’une douzaine de plaques explicatives murales en plexiglas.
Financée par la municipalité, cette initiative avait pour objectif de permettre à chacun – aux Lugnisois comme aux visiteurs – de se familiariser avec l’histoire d’un certain nombre de lieux et de monuments. Parmi eux : le château des seigneurs de Lugny, l’église Saint-Denis, la colline de Saint Pierre et sa célèbre statue, la chapelle Notre-Dame-de-Pitié de Fissy ou l’ancienne voie du « Tacot », sans oublier certaines des rues et des places du bourg telles la Grande Rue ou la place du Pâquier typiques par leurs maisons anciennes.

2003. Restauration de la Vierge à l’Enfant polychrome (XVe siècle) et conception d’un socle.
Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 26 février 1979, cette statue visible dans la niche du transept nord de l’église Saint-Denis consiste en une sculpture polychrome datant du XVe siècle et provenant de la chapelle de Fissy. Particulièrement digne d’intérêt, cette statue de pierre est remarquable par le déhanchement de la Vierge couronnée (caractéristique de la statuaire de la fin du XIVe siècle) et par sa manière de présenter les langes de l’Enfant pareils à un linceul, en signe prémonitoire de la Passion. Cette statue avait subi les outrages du temps et sa peinture s’était écaillée ; pire, certaines parties avaient été cassées (couronne de la Vierge) ou manquaient (bras gauche de l’Enfant-Jésus). Sa restauration, décidée par la municipalité et financée avec le soutien de la direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne et le conseil général de Saône-et-Loire, lui a permis de recouvrer une partie de son éclat d’antan grâce à un retour à ses couleurs d’origine, retrouvées lors de la restauration.

2004. Réfection de la toiture en dôme du pavillon de vignes de Macheron (XVIIIe siècle) et pose d’une girouette.
Isolé au milieu des vignes, surplombant la Bourbonne, cet édifice est réputé avoir été un « pavillon de vignes » ; il aurait en effet été bâti avant la Révolution par un propriétaire soucieux de valoriser son domaine où, tout au moins, de « s’en rapprocher » pour mieux le surveiller. Un examen du bâtiment révèle le soin avec lequel il fut édifié : matériaux de qualité, linteaux sculptés, cheminée, fenêtre percée en direction des vignes, etc. Au début du siècle dernier, ce pavillon possédait encore une partie du mobilier que son propriétaire avait fait spécialement fabriquer pour le meubler, à savoir une imposante table au plateau circulaire et plusieurs bancs dont la forme courbe était adaptée au volume intérieur du pavillon. La particularité la plus notable de cet édifice est le dôme dont il est coiffé, toiture remarquable supportant un bel épi de faîtage. Si la date d’édification de ce pavillon champêtre n’est pas connue, l’esprit qui présida à sa construction dénote à coup sûr le XVIIIe siècle, ce que confirment plusieurs éléments caractérisant l’édifice tels les deux linteaux travaillés ou la plaque de serrure de la porte d’entrée. A la veille de sa restauration effectuée en juillet 2004 avec le soutien de la Fondation du Patrimoine, ce pavillon de vignes menaçait ruine. Propriété privée, l’édifice, inutilisé, avait été laissé trop longtemps à l’abandon et son état s’était dégradé au point que le toit donnait l’impression de vouloir s’écrouler et laissait en de multiples endroits s’infiltrer l’eau ; la cheminée, très détériorée, menaçait de s’effondrer. Quant à l’épi de faîtage, tombé à terre, il ne coiffait plus le dôme depuis bien des années.

2006. « Lugny, mémoire de pierres, mémoire d’hommes ». Parution d’un second ouvrage portant sur l’histoire de Lugny.
Faire connaître tout ce que le territoire de la commune possède de plus digne d’intérêt en matière de patrimoine : tel a été l’objectif des auteurs de ce livre dont le travail d’investigation a commencé fin 2003. Sillonnant les rues du bourg, visitant les hameaux et les écarts, Paulette Berthaud et Frédéric Lafarge ont soigneusement relevé les éléments du patrimoine rencontrés – qu’il soit architectural, historique, naturel. Franck Poidevin, photographe, en a, quant à lui, pris des photographies – près de trois cents –, celles que le lecteur découvre dans ce livre accompagnées de commentaires, chaque cliché ayant été légendé avec soin. La balade mène le promeneur des rues du bourg aux hameaux – Poupot, Vermillat et Collongette d’abord, Fissy et Macheron ensuite – et aux écarts, l’accent étant mis sur ce que la petite capitale du Haut-Mâconnais compte de plus connu mais, aussi, sur les détails typiques de l’architecture mâconnaise et d’autres plus insolites, sans oublier quelques paysages caractéristiques. L’ouvrage a par ailleurs été enrichi de vues aériennes et d’aquarelles. Les auteurs de ce livre ayant tenu à ce que cette « mémoire des pierres » soit complétée par une « mémoire d’hommes », des témoignages sont venus se joindre à cet inventaire : ceux de Lugnisois ayant en commun d’avoir passé leur jeunesse à Lugny – ou une partie seulement – et capables de faire revivre le Lugny de la première moitié du XXe  siècle : Marguerite Lefèvre-Poulet et Madeleine Soboul (bourg), Michèle Broutchoux et Joseph Lafarge (Vermillat et Collongette) et Lucien Bernardon (Fissy). Redécouvrir Lugny : voilà ce qui est proposé au lecteur de cet ouvrage de 148 pages qu’a préfacé Fernand Nicolas, président du Groupe 71, directeur de la revue « 71-Images de Saône-et-Loire » et ancien président de l'Académie de Mâcon. L’ouvrage, financé par la municipalité et publié sous l’égide de la bibliothèque, a été présenté à la population le 2 décembre 2006 (prix : 27,50 euros).

2007. Première participation de Lugny aux Journées européennes du Patrimoine.
Les 15 et 16 septembre 2007, Lugny a participé pour la toute première fois aux Journées européennes du Patrimoine, rendez-vous annuel organisé avec le soutien de la direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne. Au programme : la chapelle Notre-Dame-de-Pitié de Fissy (chapelle d'origine romane remaniée à plusieurs reprises, la dernière fois en 1823), l'église Saint-Denis (construite de 1824 à 1826 et abritant deux œuvres remarquables classées ou inscrites aux Monuments historiques) et le site naturel classé de la Boucherette (espace d'une centaine d'hectares aménagé suite à son classement en zone naturelle d'intérêt écologique, floristique et faunistique). A cette occasion, une petite équipe de bénévoles s’est relayée pour accueillir les visiteurs – près de deux cents – reçus sur les trois sites ouverts à la visite de 10 h 00 à 12 h 00 et de 14 h 00 à 18 h 00, l’accès à ces lieux étant gratuit et donnant lieu à remise de brochures réalisées pour l’occasion. En 2008, le pavillon de vignes de Macheron (XVIIIe siècle) s’ajoutera à la liste des sites proposés.

2007. Restauration et déplacement du monument aux morts cantonal de la guerre franco-allemande de 1870-1871.
Fait très rare en milieu rural : Lugny dispose d’un monument aux morts élevé, suite à une souscription cantonale, à la mémoire des combattants du canton tombés lors de la Guerre franco-allemande de 1870-1871. Sur ce monument inauguré le dimanche 28 novembre 1909 figure l’inscription « A la mémoire des combattants 1870-1871 » et l'identité des soixante-dix-neuf soldats tombés au cours de cette guerre et « depuis 1871 ». Le nom de sept Lugnisois y est gravé, les autres communes du canton totalisant quant à elles soixante-douze morts : neuf pour Azé et Clessé, huit pour Saint-Gengoux-de-Scissé et Bissy-la-Mâconnaise, sept pour Saint-Albain, six pour Cruzille et La Salle, cinq pour Péronne, quatre pour Chardonnay et Vérizet (alors commune, incluant Fleurville), trois pour Saint-Maurice-de-Satonnay, deux pour Montbellet et un pour Viré. Ces sept Lugnisois sont : Claude Massu (mort blessé par un éclat d’obus le 6 août 1870 lors de la bataille de Frœschwiller), Jean Frérot (disparu le 18 août 1870 lors de la bataille de Gravelotte-Saint-Privat), Henri Boulay (disparu le 9 janvier 1871 lors de la bataille de Villersexel), Claude Artaud (décédé de maladie le 24 février 1871 à Neuchâtel en Suisse) ainsi que Philippe Vulcain, Edouard Rabuel et Désiré Nonain. La remise en état – et le déplacement – de ce monument érigé place de l’Eglise, décidée par la municipalité et entreprise avec le soutien du ministère de la Défense et le Souvenir français, a été célébrée lors d’une cérémonie organisée le samedi 6 septembre 2008.

2008. Remise en état du monument funéraire (avec gisant) du curé Jacques Brun au cimetière de Lugny.
Ce monument funéraire est une réalisation assez exceptionnelle, tant par sa rareté que par la finesse de son exécution. Le gisant en marbre qui le compose, très travaillé, représente ce curé bras croisés et revêtu de ses vêtements liturgiques, l’aube et l’étole étant richement décorées. En façade, plusieurs inscriptions ont été gravées : sur le couvercle de pierre figure l’inscription « Ci-git Jacques Brun, né en 1814, curé de Lugny de 1854 à 1880 » tandis que, sur les deux montants, apparaissent un alpha et un oméga symbolisant le commencement et la fin de la vie ; sur le socle est également gravée l’inscription latine Requiescat in pace, paroles autrefois chantées à l’office des morts et fréquemment gravées sur les pierres tombales. Né à Givry en 1814, Jacques Brun, fils de Jacques Brun et de Marie Lacroix, mourut à Lugny le 15 février 1880, âgé de soixante-cinq ans. Nommé à Lugny en 1854, ce curé y exerça son ministère pendant vingt-six années (son nom figure d’ailleurs sur la cloche de la chapelle de Fissy, fondue en 1871). Jacques Brun marqua vraisemblablement son temps en tant que curé de Lugny pour disposer ainsi d’une telle sépulture. Financée par la municipalité, la remise en état de cette tombe a principalement porté sur la réfection de deux des quatre montants, la réfection de certains culots et le nettoyage de la pierre (y compris le marbre du gisant).

2009. Restauration et sécurisation de la statue de saint Pierre (XIVe ou XVe siècle).
La statue de saint Pierre, que l’on peut voir dans sa niche sous la galerie sud du restaurant « Le Saint Pierre », constitue une œuvre d’art remarquable. Considérée par Gabriel Jeanton comme « l’un des plus beaux fleurons de l'imagerie mâconnaise », cette sculpture en pierre est l’ultime vestige d’une chapelle aujourd’hui disparue dont les ruines dominaient encore Lugny il y a deux siècles. A cet endroit s’élève aujourd’hui le caveau inauguré en septembre 1965, aménagé dans un bâtiment légué à la commune par Mme Yvonne Brandon (née Bouilloud) en 1964. De sa main gauche, saint Pierre tient le Livre, attribut ordinaire des apôtres rappelant la parole du Christ : « Allez enseigner toutes les nations. » Sa main droite est, quant à elle, levée dans un geste d'enseignement. Sur les pages du livre figure une inscription difficilement lisible qui paraît être : « Restauré par J. Fleurii Tropenat de Lion en (illisible) sous le règne de notre bon roi Louis XVIII le Désiré ». Cette statue classée parmi les Monuments historiques le 25 juin 1928 remonterait, selon les spécialistes, au XVe siècle voire au XIVe siècle, comme le suggèrent notamment les plis de la robe. Les travaux de restauration effectués sur cette statue ont non seulement permis de la nettoyer mais également de la sécuriser, d’abord par son scellement, ensuite par la pose d’un bâti métallique conçu de manière à supporter une vitre de protection.

Ne figurent pas, ci-dessus, la totalité des actions ayant permis depuis dix ans de valoriser le patrimoine de Lugny, actions parmi lesquelles figurent aussi, pour ne citer que les plus récentes, l’organisation d’une « marche du patrimoine » (juillet 2008), la rénovation  de l’un des lavoirs de Fissy (fin 2008), une conférence donnée sur Michel Bouillot par l’Académie de Mâcon (janvier 2009), l’installation d’une fontaine place du Pâquier (printemps 2009), la création d’une association patrimoine (mai 2009) et le lancement d’une souscription destinée à la restauration de la chapelle de Fissy (juin 2009).

Texte : Frédéric Lafarge, président de Lugny Patrimoine (septembre 2009).